30 septembre 2006
(Brésil) Kms parcourus : 0 ; Argent dépensé : 5 eur
Les 24h de voyage et le décalage horaire m'ont épuisé. Grasse matinée ce matin, donc. Nous commençons par un petit déjeuner brésilien, avec un choix incroyable de sucos (jus de fruits), accompagné de brioches fourrées au miel de lait. Maud a du boulot - elle travaille chez elle, son ONG n'a pas encore de bureaux - et je pars découvrir en solo la "cidade Maravilhosa" (ville merveilleuse). Direction Santa Theresa, un quartier juché sur une colline, dominant la ville. J'y monte en empruntant le "bonde", dernier des tramways historiques qui sillonnaient la ville. Je découvre la réalité des favelas, qui ne sont pas rejetées à la périphérie de l'agglomération, mais éparpillées sur toutes les collines, dans le centre, où elles grapillent du terrain. Le tramway est franchement folklorique, de nombreux brésiliens s'y accrochent lors de la montée et il faut s'arrêter à plusieurs reprises pour dégager le passage. Je rentre à l'appartement, situé près de la mythique plage de Copacabana, grâce au futuriste métro de Rio, développé par Alstom. Cocoricooo ! Maud m'emmène ensuite à une crémaillère, chez une amie française. Très grosse fête, qui se finit à 4h00 du mat, avec un beau mal de tête, la Capinheira est traître...
01 octobre 2006
(Brésil) Kms parcourus : 0 ; Argent dépensé : 5 eur
Nous émergeons doucement ce matin. Le temps est toujours couvert, cela n'incite pas à sortir du lit. Je vais rencontrer Fernanda, une amie de Mathieu Ludac, que j'avais connu à Grenoble avec l'association BEST. Elle parle un peu français et me donne un cours de prononciation du portuguais. Nous nous promenons sur la plage d'Ipanema, où de nombreux Cariocas (habitants de Rio) défient la grisaille en moule-bite, une planche de surf sous le bras. Nous filons ensuite vers la Lagoa Rodrigo de Freitas, énorme lac d'eau douce au coeur de Rio, à quelques encablures de la mer et entouré de montagne. Je rejoins ensuite des membres de l'Hospitality Club à Botafogo, au 12ème étage d'une tour, avec vue imprenable sur le Christ. Je rencontre Marc (français), Glenn (chilien) et un couple de hollandais résidant en Nouvelle Zélande. Discussion sympa entre voyageurs et expatriés, je récolte un maximun d'information pour la suite de mon périple. Fin de soirée avec Fernanda, que je retrouve dans un bar à Copacabana. De nombreux brésiliens suivent en direct le résultat des élections à la télévision. Nous n'aurons pas le nom du président ce soir, mais les résultats pour les gouverneurs de région tombent peu à peu. En dépit des affaires de corruption, Lula (Parti des Travailleurs) devrait être réélu, mais peut être pas dès le premier tour. La façon de faire de la politique est assez "originale" au Brésil. Les électeurs, qui sont obligés de voter, élisent des gouverneurs, que l'on n'appelle pas par leur nom mais plutót par un numéro. Et partout, dans la rue, des gens avec des Tee-shirts et des drapeaux scandent le numéro de leur candidat. On peut même croiser des pick-up avec des brésiliennes en bikini, aux couleurs de leur champion. C'est un peu triste, quand on connaît les enjeux auxquels est confrontée la société brésilienne.
02 octobre 2006
(Brésil) Kms parcourus : 0 ; Argent dépensé : 12 eur
Maude doit rejoindre son boss dans une favela et je suis "mis à la porte" à 8h00 ce matin. Petit déjeuner avec un jus de mangue, c'est vraiment trop bon. Je mets à jour mon blog et envoie mes premières nouvelles du Brésil, depuis un cybercafé près de Copacabana. Je vais ensuite visiter le centre de Rio où se cotoient modernité et vestiges du passé. Le quartier est très animé, il y a pleins d'échoppes et de boutiques tenues par des libanais. Les musées sont fermés malheureusement aujourd'hui mais j'arrive à visiter le théatre municipal. Un couple de portuguais, de passage à Rio, me font la traduction en français de notre guide lusophone. Je retrouve ensuite Fernanda et un ami, David, au consulat français. Dans le cadre (ou pas !) du festival du film à Rio, il y a une projection gratuite de "Quand j'étais chanteur", avec Gérard Depardieu. Cela fait du bien d'entendre sa langue, cela repose et rassure. Soirée tranquille à nous promener dans les rues de Rio. En dépit de toutes les mises en garde concernant la sécurité, je ne me sens ni oppressé ni étouffé ici. La population brésilienne, constituée de 55% de blancs, 6% de noirs et 38% de métisses facilite sûrement l'intégration de l'"Autre".Bien sûr, il y a certains quartier à éviter le soir et les voitures/bus ont le droit de griller les feux rouges le soir, afin de minimiser le car-jacking. Mais il ne faut pas dramatiser : cela dépend beaucoup de son comportment, de sa tenue et un peu de la chance. Pour tous mes déplacements, j´ai adopté l'air décidé du type qui vit ici depuis vingt ans et qui sait exactement où il va. Cela fonctionne plutôt bien pour le moment.
03 octobre 2006
(Brésil) Kms parcourus : 0 ; Argent dépensé : 8 Eur
Encore une fois, je dois quitter l'appartement de bonne heure ce matin. Je n'ai pas le même rythme que Maud et je décide donc de déménager chez Fernanda, qui habite avec sa tante, dans un quartier plus au Nord, à Gloria. Sa tante, avec qui nous n'avons aucune langue en commun, m'aide à prendre le bus pour Urca, où se trouve le fameux "Pain de Sucre". Cette montagne culmine à 396m et offre une vue imprenable sur l'une (la disent les brésiliens) des plus belles villes au monde. En théorie, il faut prendre deux téléphériques d'affilée pour arriver au sommet. Grâce aux judicieux conseils de Mathieu Lulu, je fais la première ascension à pied, en suivant un sentier escarpé qui s'enfonce dans une végétation tropicale. A l'arrivée, je suis accueilli par de petits singes, en liberté. La vue sur la baie de Guanabara est absolument superbe. Les photos valent mieux qu'un long discours, je vous laisse découvrir. Pour le dernier tronçon, je dois me résoudre à prendre le téléphérique, j'avais oublié le baudrier et les cordes. La montée est impressionnante, j'imagine 007 dans le navet Moonraker, faisant le zouave au dessus de la cabine. Il fait un peu froid là haut, et grâce à une embrouille de mon cru, j'arrive à revenir à la plage en périphérique. Je rejoins Gloria en bus et repars immédiatement avec Marie-Louise, la tante de Fernanda, qui s'est mis dans la tête de me faire visiter le centre de Rio. Elle ne parle pas un mot d'anglais et les discussions sont épiques. Nous visitons la grande bibliothèque de Rio, où sont stockés près de 8 millions d'ouvrages, ainsi qu'une Eglise Evangélique. Elles fleurissent ici au Brésil et prennent de plus en plus d'importance, notamment au niveau politique, avec des représentations au gouvernement et au parlement. La plus grande organisation évangélique répond au nom pompeux d'Eglise Universelle du Royaume de Dieu. Retour de nuit à l'appartement et discussion avec Fernanda, qui revient d'une réunion animée avec des organisations syndicales.
04 octobre 2006
(Brésil) Kms parcourus : 0 ; Argent dépensé : 8 Eur
Le temps est assez dégagé aujourd'hui, je tente l'ascension au Christ Rédempteur, qui domine toute la ville de Rio. L'accès n'est pas franchement facile, il faut soit prendre un taxi, soit un funiculaire, soit marcher. La dernière option ne me satisfait pas, je suis seul et il y a des favelas à proximité du sentier. Les deux premières possibilités sont onéreuses. Je résouds l'équation grãce à Rachelle, la cousine de Fernanda, qui m'emmène en voiture à l'entrée du parc où se trouve le "Cristo Redentor". Je finis en stop, un mini-bus avec des touristes danois et chiliens m'emmène au sommet. Naturellement, le temps s'est couvert et nous sommes contraints d'imaginer le superbe paysage dans le brouillard, c'est frustrant. Je redescends avec mes danois à Santa Theresa, où nous goutons une excellente feijoada, à base d'haricots noirs, de riz, de morceaux de viandes divers, de purée de citrouille, de manioc. A l'origine, ce plat était réservé aux esclaves parce que peu onéreux. C'est maintenant un grand classique de la cuisine brésilienne. Je redescends dans le centre en bonde, le tramway local. Fernanda est partie rendre visite à sa mère ce soir, je me retrouve en compagnie de son oncle. Il engage la discussion en portuguais et me tient la jambe pendant près de deux heures, sur des sujets extrêmement théoriques : le néocolonialisme, la mondialisation, la précarité etc. Je capte environ 20% de ce qu'il dit mais je m'accroche pour comprendre le maximum et surtout pour déceler les questions ! Je finis par m'écrouler sur mon lit, épuisé par l'exercice. Vous avez dit immersion totale ?
05 octobre 2006
(Brésil) Kms parcourus : 0 ; Argent dépensé : 8 Eur
Journée tranquille, je prépare la suite de mon voyage, en contactant plusieurs personnes au Pérou et au Chili. Le père de Fernanda m'emmène ensuite au Centro Culturel do Banco do Brasil (CCBB) mais il n'y a malheureusement pas d'exposition en ce moment. Changement de programme, nous partons pour une croisière dans la baie, avec un bateau qui fait la navette Rio - Niteroi, la ville qui fairt face à la cité merveilleuse. Il m'offre ensuiite gentiment le repas, à base de bacalhau (morue) et de riz. Je retrouve ensuite Fernanda à Botafogo, dans une superbe librairie, Prefacio, qui fait aussi salon de thé et salle de lecture. Le concept est vraiment agréable, nous délirons ensemble sur des projets plus loufoques les uns que les autres, que nous ménerons de retour en France. Fin de soirée à discuter voyage avec l'oncle de Fernanda. En portuguais, c'est quand même plus drôle.
06 octobre 2006
(Brésil) Kms parcourus : 0 ; Argent dépensé : 8 Eur
Direction l'île de Paqueta ce matin. Aucune voiture n'est tolérée sur ce bout de terre, il n'y a que des piétons, des cyclistes et des calèches. La traversée en bateau dure environ une heure pour arriver sur ce petit paradis. Je découvre avec enthousiasme les rues pavées, les minuscules plages. Seul le temps m'est pas de la partie, c'est dommage. Retour à Rio de Janeiro et puis c'est l'aventure. Je dois rejoindre Fernanda, chez sa mère, qui habite dans la banlieue lointaine. Le trajet en bus est interminable, nous passons à côté de Rocinho, la plus grande favela de Rio. 120000 habitants, des magasins, des cybercafés, l'électricité par endroit. C'est incroyable et terrifiant. L'ancien président Fernando Henrique Cardoso disait à juste titre que le Brésil n'est pas un pays sous-développé mais injuste. Et je me retrouve en effet à quelques kilomètres de Rocinho, dans une banlieue chic, parsemée de grattes-ciel, de piscines et de terrains de tennis privés. Après plus d'une heure de cache-cache dans le froid, au terminus du bus, je retrouve miraculeusement Fernanda et sa mère. Une bonne douche chaude, une pizza et au lit, je n'ai plus d'énergie.
07 octobre 2006
(Brésil) Kms parcourus : 0 ; Argent dépensé : 0 Eur
Samedi familial avec Fernanda, sa mère et sa grand mère, qui m'ont visiblement "adopté". Je les accompagne au Walmart, un grand supermarché identique à ceux que l'on peut trouver en Europe. Les prix aussi sont identiques, cela surprend ! Nous cuisinons ensuite ensemble du poisson avec les éternels haricots noirs et le riz. C'est excellent mais cela colle bien au corps... Repos toute l'après midi, à apprendre un peu de portuguais, à surfer et tchatter sur Internet, à lire. Fin de soirée devant le film "Le Poète et le Postier" qui évoque l'amitié entre un postier et le poète chilien Pablo Neruda, durant son exil en Italie. Je m'endors, songeur, sur ces vers du poète de l'amour (du peuple !) : "je voudrai faire avec toi ce que le printemps fait avec les cerisiers".
08 octobre 2006
(Brésil) Kms parcourus : 0 ; Argent dépensé : 3,5 Eur
Nouvelle journée à ne rien faire, c'est tellement bon. Coup de télephone aux parents, via Skype sur Internet, cela fait du bien d'entendre des voix familières. Le dernier coup de fil remontait à Casablanca, une éternité. Nous finissons quand même par aller nous promener avec Fernanda. Il fait un temps de chien, la plage est déserte, la mer en furie. Nous passons un bon moment ensemble, les pieds dans l'eau, sous le parapluie. C'était très romantique, mais je tiens à préciser, pour éviter tout fantasme inutile au lecteur, qu'il n'y avait ici que de l'amitié. Retour à l'appartement, je fais mes adieux à la mère et la grand mère de Fernanda, je refuse gentiment les offres d'adoption et d'installation définitive au Brésil, j'ai encore un peu de route à parcourir. Nous passons cette dernière soirée à Rio dans la librairie Prefacio, à Botafogo, en compagnie de la soeur de Fernanda, et de son copain. Cet endroit est vraiment magique, cela va me manquer !
09 octobre 2006
(Brésil) Kms parcourus : 400 ; Argent dépensé : 25 Eur
C'est la fin de mon séjour à Rio. Moment très difficile, quelques larmes coulent encore. Après avoir remercié l'oncle et la tante de Fernanda pour la gentillesse de leur accueil, Fernanda m'emmène à la Rodoviara (gare routière). Au revoir émouvant, nous nous reverrons à Paris, Fernanda part y étudier dans deux ou trois mois. Mon idée est désormais de remonter le Brésil jusqu'à Bélem, en stop. Première étape : sortir de cette mégalopole. Je prends un bus pour Campos, une petite ville plus au Nord. Je commence ensuite le stop, dans une station service. Les gens semblent très méfiants et je patiente plus de deux heures. Enfin, Paulo Roberto accepte de me prendre. Je suis exrtrêmement bien tombé : il est vétérinaire et aime beaucoup parler... en portuguais. Mais cela n'est presque pas un problème. Je ne parle pas bien sûr portuguais couramment, loin s'en faut, mais Fernanda m'a donné les bases, j'ai quelques notions en espagnol et Paulo fait surtout l'effort de répéter, d'articuler, de faire des périphrases lorsque cela ne passe vraiment pas. Nous arrivons à discuter de son engagement dans une église évangélique, de son métier, du Brésil, de politique. C'est extrêmement intéressant mais épuisant, je dois en permanence tendre l'oreille. Nous quittons l'Etat de Rio pour l'Espirito Santo. Paulo m'explique que ce petit état est très riche, en partie grâce aux ressources pétrolières et minières, mais aussi grâce à l'agriculture (lait, viande, mangues, cacao). La nuit tombe, Paulo est fatigué, nous partageons une chambre dans un motel, près de la bourgade d'Alfredo Chaves. Diner dans un restaurant où l'on paie son repas au poids, cela semble assez courant au Brésil. Douche et au lit, Morphée me rattrape rapidement.






















