24 mai 2007
(Jordanie) Kms parcourus : 0 ; Argent depense : 25 Eur
La priorite ce matin, c'est l'ambassade de Syrie, dernier obstacle administratif sur ma route vers l'Europe. Ma tentative a Islamabad avait ete vaine, celle en Jordanie semble vouee egalement a l'echec. Ils ne delivrent des visas qu'aux residents jordaniens et appliquent la loi du talion : "nous nous comportons avec les francais comme ils se comportent avec nous". Je rentre, depite, visiter Amman. La ville est soi-disant construite sur 7 collines (comme Rome, Istanbul et tant d'autres) et est plutot agréable. Les batiments sont tous de couleur blanche, la circulation est très raisonnable. Pas enormement de choses à voir, mis a part un tres bel amphitheatre romain et quelques vestiges de cette epoque. Soirée avec Terence, un anglais, a la terrasse d'un restaurant, autour d'un narguilé et d'un cafe serré.
25 mai 2007
(Jordanie) Kms parcourus : 0 ; Argent depense : 20 Eur
Journee tranquillou a Amman. J'ai rencontre par hasard un jordanien et il m'invite pour un apres-midi farniente a la piscine d'un grand hotel dans la banlieue d'Amman. Il m'assure que tout est gratuit, il connait quelqu'un. L'endroit est sympatique mais me coutera 10 euros, pour un Sprite et quelques plongeons. Keep smiling. Fin de soiree a lire l'Alchemiste, de Coelho. Un de ces livres que l'on ne souhaiterait jamais finir. C'est l'histoire d'un jeune berger d'Andalousie, Santiago, qui decide de quitter l'Espagne pour rejoindre le desert Egyptien, a la recherche d'un tresor enterre dans les pyramides, dont il a un jour reve. C'est une fable sur l'importance de realiser ses reves, aussi difficiles et inaccesibles soient-ils. Le voyage de Santiago commence pourtant mal, il est agresse au nord du Maroc, a Tanger. Certains recits vous renvoient etrangement a vous-meme, j'en suis trouble. Derniere soiree a Amman, je pars demain en stop pour Petra. De la, l'Egypte des pharaons ne sera plus tres loin...
26 mai 2007
(Jordanie) Kms parcourus : 200 ; Argent depense : 11 Eur
Sortie de Amman en taxi, je poursuis en stop avec un ingenieur du genie civil. Il a lui aussi voyage de cette maniere en Europe et la solidarite entre auto-stoppeurs l'a contraint a une manoeuvre audacieuse pour me recuperer sur l'autoroute. J'enchaine avec un camion citerne puis une grosse cylindree appartenant a un militaire americain, en civil. Il travaille pour l'ambassade des Etats-Unis a Amman et est charge de superviser les escales des boys se dirigeant vers l'Irak. Je l'interroge sur le retrait prevu des troupes US dans cette region. Il reconnait sans peine l'erreur initiale de l'engagement et confirme que chaque jour, le pays sombre un peu plus dans le chaos. Que les americains soient la ou non, cela ne change pas grand chose, autant partir. Je ne suis pas loin de penser qu'il a raison. Arrivee en debut d'apres-midi a Petra, ou je retrouve par hasard Terry, rencontre a Amman.
27 mai 2007
(Jordanie) Kms parcourus : 0 ; Argent depense : 34 Euros
Nous partons de bonne heure avec Terry visiter Petra. Cette cite, edifiee par les Nabateens (3eme s av JC), prospera car elle se trouvait sur les routes caravanieres de l'epoque. Les romains arriverent ensuite et ouvrirent des routes plus au nord. Petra tomba alors progressivement dans l'oubli et ne fut redecouverte qu'il y a deux cents ans. L'entree vers le site entretient le suspens : le chemin se fait de plus en plus etroit, coince entre deux parois rocheuses gigantesques, sorte de canyon mais qui n'en ait pas un. Les images de Tintin (Coke en Stock) et d'Indiana Jones me reviennent a l'esprit. La celebre Khazneh apparait soudain, comme sur les photos. Il est entierement creuse dans la roche, c'est impressionnant. Mais le site de Petra ne se limite pas a ce cliche mondialement connu, il est beaucoup plus grand. Nous partons pour une promenade de deux heures vers le monastere de Deir. De la-haut, vue sur Israel et les Territoires Palestiniens. Retour sur les genoux a la guesthouse.
28 mai 2007
(Jordanie) Kms parcourus : 0 ; Argent depense : 10 Eur
Nouvelle journee sur le site de Petra, pour en profiter pleinement. Nous grimpons aujourd'hui au "sacrifice", lieu ou les Nabateens, o peuple doux, se contentaient d'egorger des animaux pour les dieux. La promenade avec Terry - toujours mon anglais quinquagenaire d'Amman - est tres interessante. Il a travaille de nombreuses annees dans le desert d'Israel, avec des touristes. Il connait bien le milieu et tient absolument a me montrer qu'il y a de la vie sur ces terres a premiere vue inhospitalieres. Nous retournons donc le desert, a la recherche de scorpions, scarabes, fourmis, lezards. L'adaption des animaux et de la vegetation au milieu est impressionnante. En plein cagnard, Terry me montre un bulbe visiblement mort. La premiere "peau" enlevee, nous en decouvrons une deuxieme toute verte ou scintillent des gouttes d'eau. Soiree a la guesthouse, a visionner Indiana Jones bien sur.
29 mai 2007
(Jordanie, Egypte) Kms parcourus : 200 ; Argent depense : 55 Eur
Je quitte Petra ce matin pour Aqaba, tout au sud de la Jordanie. Je suis pris en stop par Mohammed, un palestinien residant en Jordanie depuis 1967 (Guerre des Six Jours). Les palestiniens representent 60% de la population en Jordanie, ce qui rend les autochtones minoritaires dans leur propre pays ! Alors que nous serpentons sur une route d'altitude surplombant les Territoires Palestiniens, Mohammed me confie son unique souhait pour le restant de ses jours : retourner de l'autre cote de la frontiere, dans un etat reconnu et pacifie. Suite avec un bedouin qui me pose une question en forme de condition pour monter avec lui : "Etes-vous Israelien ?". Il porte la France dans son coeur, cela tombe bien. Nous passons Wadi Rum, ou se trouve le fantome de Lawrence d'Arabie et arrivons sans encombre a Aqaba, ville frontiere entre quatre pays : Israel, Egypte, Arabie Saoudite et Jordanie. La gare maritime d'Aqaba vaut le detour, c'est un defi au bon sens et a l'organisation rationnelle. Aucun panneau ni affichage, cinq interlocuteurs differents (dissemines dans les etages et les couloirs sans fin des batiments) pour obtenir simplement son billet et quitter la Jordanie. Je retrouve Terry, arrive entre-temps en bus et nous optons pour le bateau rapide (35 Euros), la version lente ne partant que 4h ou 6h ou 10h (choisissez) plus tard. Nous sommes en retard mais le bateau est encore relie au ponton, nous marchons confiants vers l'embarcadaire. Horreur, les amarres se distendent et remontent. Nous courrons et hurlons, nos billets et passeports a bout de bras. Chose incroyable, le bateau, deja a une dizaine de metres, stoppe sa manoeuvre et se rapproche du quai, je n'en crois pas mes yeux. Nous apprendrons plus tard que ce n'etait pas pour nous mais pour faire le plein. Le capitaine, etourdi, semblait avoir oublie. L'arrivee a Nuweiba en Egypte, nous rappelle brusquement que nous avons pose le pied en Afrique : chaos total pour recuperer ses affaires, beaucoup de bruits, d'odeurs et de sourires. Nous rejoignons Dahab, une petite ville sur la cote. Je prends le bus avec les autres touristes, car je referrai ce trajet en stop dans l'autre sens pour rejoindre le Caire.
30 mai 2007
(Egypte) Kms parcourus : 0 ; Argent depense : 7 Eur
Que c'est bon de se reveiller le matin et de n'avoir absolument aucun programme pour la journee. Internet, lecture d'un livre sur le Mossad (services secrets israeliens), perfectionnement de mon tour de magie favori, parties de backgammon sans fin etc. Tout cela face au golfe d'Aqaba, avec vue sur l'autre rive sur l'Arabie Saoudite. Le bonheur, tout simplement.
31 mai 2007
(Egypte) Kms parcourus : 0 ; Argent depense : 11 Eur
Nous partons aujourd'hui avec Terry et Jens, un allemand, faire du snorkeling pres de Dahab, au "Blue Hole". Avec simplement un masque, un tuba et des palmes, le spectacle vaut le detour : coraux multicolores, bancs de poisson-clown, meroux, poissons papillons etc. Les fonds sont relativement bien preserves, en depit de l'afflux touristique et leur qualite est a mon avis bien superieure a ce que j'ai pu voir en Polynesie Francaise, a Moorea. Des australiens, meme avec leur grande barriere de corail, partagent mon avis. "L'une des plus folles splendeurs du monde corallien" dira meme pompeusement notre commandant Cousteau lors de sa premiere expedition sous-marine ici. Retour a Dahab dans la soiree pour quelques parties endiablees de Backgammon.
01 juin 2007
(Egypte) Kms parcourus : 130 ; Argent depense : 4 Eur
Je quitte Dahab en debut d'apres-midi pour rejoindre le monastere Saint Catherine, au coeur du Sinai. Le stop ne marche pas fort mais je m'en moque eperdument, les paysages sont superbes. Le Sinai est un desert de type montagneux aux couleurs toujours changeantes selon le jour, l'heure et la meteo locale : rose, rouge, ocre, jaune, brun, mauve. Je fais quelques sauts de puce avec des Bedouins et des ouvriers travaillant dans des mines de phosphate. J'arrive juste a temps pour le coucher de soleil sur le monastere Saint Catherine et entame la montee vers le mont Sinai (2285m) de nuit, avec la ferme intention de camper. C'est ici, selon la tradition biblique, que Moise vit le buisson ardent et entendit la voix de Dieu lui dicter les 10 commandements graves sur les Tables de la Loi. Je monte a petit rythme, a la lampe torche, mes 20kg sur le dos et mes chaussures achetees en Inde decident que c'est le moment opportun pour lacher. Pres du sommet, deux bedouins m'invitent finalement a partager leurs pates bolognaises. Ma tente sera une nouvelle fois totalement inutile, je me couche sous la protection d'un abri en dur, entre mes deux amis egyptiens.
02 juin 2007
(Egypte) Kms parcourus : 400 ; Argent depense : 8 Eur
Reveil a 4h00 du matin, pour etre sur de ne pas rater le lever du soleil au sommet du Mont Sinai. C'est extremement touristique mais l'ambiance est agreable. Quelques juifs celebrent en plein air un office religieux, "l'esprit des lieux" souffle sur cet endroit sublime. La petite boule de feu apparait sur l'horizon, tout le monde peut redescendre. J'arrive au monastere, en contrebas, dans un piteux etat : gros orteil pissant le sang, ampoules douloureuses. Voila ce que l'on recolte a descendre du Mont Sinai en sandales et avec un gros sac. Je pars dans la foulee pour le Caire, en experimentant, sur des conseils d'egyptiens, une nouvelle technique pour le stop. Je me rends systematiquement aux nombreux check-points et discute avec les policiers. Je me retrouve ainsi, deux fois de suite, dans le bureau du chef (le seul a parler anglais), a siroter un soda en discutant de Napoleon, Nasser et du panarabisme. Pendant ce temps, les autres policiers arretent les camions et me font signe lorsque l'un d'entre eux va dans ma direction. C'est assez sympa comme concept. Nous passons sous le Canal de Suez (ah, l'operation mousquetaire...), avec la vision surrealiste de cheminees fumantes, de containers et de proues de bateaux dans le desert. Arrivee dans la soiree dans la capitale egyptienne. Comme souvent, je debarque sans aucun guide, je ne sais absolument pas ou je suis et ou se trouvent les hotels bon marche. Dans une megalopole de plus de 15 millions d'habitants, c'est une partie de plaisir. Je trouve enfin mon bonheur, pres de la place El Tahrir, au coeur du Caire.






















